ces halls 1 B6 B7 porte B8 B9 groupe 14, 13, 15, 9 je suis le groupe 18. Evidemment je suis le groupe 18. Au dessus de nos têtes des stries de néons glaciales, il pleut des néons en barres courtes qui s'étendent à l'infini de part et d'autre des deux horloges (horloges ou bien pendules ?) derrière et devant nous, et face, cette entrée béante de multiples portes transparentes en verre, cette entrée mon œil s'arrête je la scrute je l'observe je la dévisage la lumière de l'extérieur entre, pénètre encore plus fortement mes paupières clignent le bonheur est précis et exact blanc comme le faisceau de lumière du dehors
aigu. Je vois ce sol ces dalles en béton armé gris marron imparfait mais lisse
trois poteaux au centre de ce qui parfois est une allée, lorsque

territoire





Au fond de la salle, voir se déployer ces tôles préfabriquées qui forment cette très grande cabane de foire qu'est le parc des expositions, plus quatre mille têtes penchées éveillées au dessus du papier bleu, bleu comme les cadres de la République. C'est une vision de la lucidité encore une fois, un éclat lumineux qui entre dans mes pupilles, et quand je fais défiler, pas trop vite, mon œil gauche et mon œil droit simultanément de gauche à droite, des panneaux sorties de secours aux pictogrammes handicapés téléphone wc robinet d'eau, embrassant ainsi tous les mètres carrés de l'immense hangar, vraiment (oui) c'est une jouissance consciente qui me force presque à baisser légèrement les paupières, mes paupières s'abandonnant sur

 

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marie rotkopf et arnaud viviant